Biographie



 

 

 

 

 

 

 

Christine Seiler


La photographe Christine Seiler, née en 1956 à Pratteln, vit et travaille depuis plus de deux décennies à Zurich. Reconnue aussi bien pour ses reportages que pour ses travaux sur des thèmes d'architecture et d'art elle a déjà exposé plusieurs fois ses œuvres en Suisse.

Son travail de tous les jours est fait de rigueur et de minutie au service de créateurs d'aujourd'hui et d'hier, de rénovateurs et d'histoire.

Ses espaces de liberté, elle les consacre à la Camargue depuis bien longtemps dans une longue et patiente approche de sa propre sensibilité artistique.

La Camargue choisi avec soins ses amants. Elle écarte les contemplateurs en leur offrant une panoplie complète d'espaces immenses et de lumières propres à aveugler le collectionneur d'images somptueuses. Elle choisi ensuite ceux et celles qui acceptent de s'y perdre et de baisser la tête pour alors les soumettre à sa dernière épreuve.

A ces élus, traîneurs de marais et avaleurs de temps, elle va donner l'occasion de la découvrir dans son intimité de reine. Il leur faudra aller sans cesse de mares en souches, de rives en dunes jusqu'à découvrir son secret ultime : une fois dans l'année, parfois beaucoup moins elle offre quelques instants d'une lumière magique qui donne vie à tout ce qu'elle touche.

L'humble mare devient alors, l'espace d'un instant, un écrin somptueux pour cristaux de lumière, la souche une divinité endormie aux formes sublimes, le coin de roubine un miroir dépoli aux eaux glauques oû somnole une carpe...

Christine, à force d'expérience, sait repérer les petits lieux et les humbles objets que la Belle choisi d'ordinaire .

Le bonne année, la bonne saison, le bon mois et voilà, c'est sûr cette fois! l'instant magique qui s'approche et Christine s'affaire : le piège se tend avec minutie et respect pour le prochain miracle qu'elle va laisser venir sans impatience aucune et capturer sans bruit ni geste inutile. Cette alchimie menée à son terme entre un fragment d'espace et une once de temps, elle la ramène ensuite, sereine et calme vers son vélo, abandonné bien loin, au départ de sa quète.

Pas de fierté ni de joie exubérante d'avoir saisi et enfermé ce miracle car elle sait bien que c'est la Camargue qui le lui a offert comme prix de sa fidélité confiante.

Il en est ainsi de tous ces camarguais "des marais" épris de solitude et de secret : En y regardant bien, vous verrez au fond de leurs yeux une poignées de petites étoiles, traces à jamais inscrites en souvenir de ces rencontres magiques avec la Belle qui sait remercier ceux et celles qui l'aime en silence.

 

E. Coulet. Directeur de la Réserve Nationale de Camargue